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14.11.2006
si ton bras te gêne, manges-le !
Comme l'a si bien dit mon voisin de train l'autre jour, "si ton bras te gêne, manges-le ! " .
Ceci me pousse à dire que si c'est pour dire des bêtises, il vaut mieux se taire. J'en entends déjà certains qui disent "Justement tais-toi ! ". Mais non désolée je ne vous ferai pas ce plaisir.
Je disais donc que j'ai pris le train l'autre jour. A nouveau un trajet interminable de 6 heures jusqu'à Berlin. Et comme de coutume je me suis retrouvée assise dans un wagon rempli de personnes plus étranges les unes que les autres, à croire qu'elles s'étaient données rendez-vous pour le tournage d'une comédie dramatique.
Evidemment j'avais déjà pas de chance en étant assise en bout de wagon, près de la porte.
Pendant tout le voyage ça n'a pas arrêté d'aller et venir.
Il y a eu plus de 153 passages. [Oui oui j'ai compté.... il faut bien tuer le temps].
A chaque passage la porte coulissante faisait un bruit étrange, à croire qu'un petit animal s'était retrouvé coincé et couinait à chaque ouverture. Quand j'y pense... le pauvre ! ............ Oh et puis finalement c'est peut-être plutôt moi qu'il faudrait plaindre.
Système débile, la porte ne coulissait pas côté couloir, mais côté wagon. Et bien évidemment il fallait que ce soit de mon côté, derrière mon siège, c'est à dire juste là où j'avais accroché mon manteau. Donc à chaque passage j'avais ma veste qui se balladait derrière mon siège et la manche qui me giflait. Ajoutons à cela que dans le train j'ai pour habitude d'avoir les cheveux électriques, nous passerons donc les détails de ma coupe.
Je veux bien comprendre que certains aient du mal à tenir en place pendant 6 heures, et que l'on puisse avoir une envie pressante ou bien encore envie d'un café, thé ou autre gourmandise. Mais alors ceux qui vont et qui viennent juste pour le plaisir de se dégourdir les jambes, ça passe à petite dose.
Je prends pour exemple cette famille de 4 enfants qui passait disons toutes les 20 minutes.
Sur 6 h même les plus nuls en maths auront calculé que ça fait 18 passages. Si en plus on multiplie ça par 4 [les 4 enfants pour ceux qui ont du mal à suivre] et bien ça fait déjà 72. Les parents où ils sont ? Bonne question, sûrement en train de jouer au Scrabble.
Donc ces 4 gamins dans la fourchette des 2-11 ans, passaient et repassaient et rerepassaient.
Et à chaque passage j'avais le droit à un sourire ironique de la grande soeur, un coup de coude du petit frère [... qui au lieu de marcher se balançait d'un siège à l'autre], un air chanté à tue-tête par la cadette [... le genre de chansons qui te restent gravées dans la tête et dont tu ne te débarrasses qu'après avoir entendu la suivante] , et enfin du petit dernier un mélange de bave et de restes de biscuits [heureusement accompagnés d'un méga sourire et d'un son incompréhensible voulant sûrement dire "t'en veux un peu de mon biscuit ?"].
Malgré une certaine affluence dans le train, la place à côté de moi est restée libre un bon bout de temps. Tu m'étonnes... qui voudrait bien s'assoir aussi près de la porte !!!
Par contre de l'autre côté du couloir [tiens ça ferait un bon titre de film], ça n'a pas arrêté de changer.
Sur le ticket de réservation du siège il y avait au moins quatre trajets différents. D'abord il y a une demoiselle qui s'est installée avec le panier de son chat sur les genoux. Je ne sais pas ce qui est mieux d'ailleurs, un chien qui pue ou un chat qui miaule.
Enfin bref, à la station d'après il y a un monsieur japonais qui est monté et qui n'arrêtait pas de faire les yeux doux. Je n'ai pas trop su déterminer s'ils étaient destinés à la demoiselle ou au chat, et si c'était plutôt pour le caresser ou pour l'avoir dans son assiette. [Oui je sais les vieux clichés !!!! Il fallait bien que je m'invente des histoires pour me distraire]. Après une heure de trajet, le monsieur japonais a dû descendre et a lâché un "miaou" très expressif. Tellement expressif que le duo de grands-mères assises juste devant, s'est mis à se tordre de rire, jusqu'à ce qu'il y en ait une qui s'étouffe avec son sandwich.
D'ailleurs ça me rappelle une autre fois où je devais faire un Strasbourg-Paris. Il y avait un monsieur assis en face de moi qui a dormi pendant tout le trajet. C'était assez impressionnant de voir qu'il n'a pas ouvert les yeux pendant plusieurs heures. A un moment j'ai bien cru qu'il était mort. Puis il a fini par bouger un peu ça tête. Il y pouvait rien le pauvre, les mouvements du train faisaient que ça tête partait en avant de temps à autres. Comme si elle se décrochait des cervicales. Du coup il la remontait aussitôt, comme un yoyo. Quand par contre elle tombait en arrière, ça déclenchait immédiatement une ouverture de la bouche et ainsi les ronflements.
C'est impressionnant ce que le corps humain peut dégager comme sons. Un vrai marteau piqueur.
Non mais sans rire, 100 décibels c'est pas rien !
Tout ça pour dire qu'il ronflait tellement fort, que sa voisine lui a placé une chips dans la bouche pour qu'il s'arrête. Du coup il a sursauté et a aspiré la chips qui s'est coincée dans sa gorge. Après qu'il soit devenu rouge écarlate et après 600 ml de jus de pomme, la chips était digérée. La voisine s'est excusée et ils ont entammé une conversation sur le voile du palais, la luette et ont utilisé des termes comme scalpel, tissu, lésion ou encore somnoplastie [à tes souhaits].
Quand j'ai pris mes bagages pour m'avancer dans le train [forcément j'étais en queue de train et la sortie Gare de l'est est en tête] ils étaient en train de s'échanger les numéros de téléphone.
Du coup je ne sais pas si elle était chirurgienne et si elle voulait l'opérer ou bien si elle voulait faire plus ample connaissance. Bon au moins elle savait à l'avance qui si elle passait une nuit avec lui, elle allait devoir prévoir une boîte de boules quies.
J'ai perdu le fil de mon histoire du coup. Ah oui j'en étais à la mémé qui s'étouffe. Elle s'est pas étouffée bien longtemps d'ailleurs, sa copine lui donnait des tapes tellement fortes dans le dos qu'elle aurait pu la transpercer.
Bon alors ensuite, à peu près une heure avant mon arrivée à Berlin, il y a un monsieur plutôt étrange, avec une grosse écharpe avec des motifs hallucinogènes qui s'installe à côté de moi.
Il me dit : " Bonjour, la place à côté de vous est libre ? ".
Je lui réponds que oui et qu'il peut s'installer.
Il enlève son manteau, je découvre son écharpe et ça me donne envie de rire.
Du coup je me tourne de l'autre côté pour ne pas qu'il voit l'expression de mon visage et je cache ma bouche avec mon bras. Evidemment comme pour toute crise de fou-rire, je ne peux m'empêcher de laisser échapper un petit gloussement et c'est là qu'il me dit : " si ton bras te gêne, manges-le ! ".
Mais oui, bien sûr, je crois que son écharpe, il la fume !!!!
Je lui demande pourquoi il me dit ça et là il me sort toute une théorie sur le cannibalisme, sur le fait de sortir de son corps pour mieux l'observer de l'extérieur et ainsi de mieux le désirer.
A ce moment précis je me suis demandée pourquoi j'avais eu la bonne idée de prendre le train et si j'aurais pas mieux fait de faire de l'auto-stop à 3h du mat sur une route départementale. Finalement il a tellement parlé que j'ai même pas pu en placer une. J'hochais juste la tête pour qu'il croit que je l'écoute et je plaçais quelques "Ah oui ?... Mmh !.... pardon ?...".
Puis il a fini par se lever pour se chercher un café au wagon restaurant. Il m'a gentiment proposé quelque chose, mais j'ai refusé [imagine il me met un bout de son écharpe dans ma tasse !!!!! ].
Il est revenu une bonne demi-heure plus tard, mais j'avais déjà rassemblé mes affaires et étais partie me réfugier un wagon plus loin.
Quand je suis descendue à Berlin, j'ai vu en passant devant le wagon qu'il s'était cherché une autre victime... la pauvre !
N'empêche que les voyages en train, il y aurait de quoi en écrire un bouquin (et puis en plus ça rime !)
16:20 Publié dans Restons Zen | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Commentaires
Excellente cette note !! J'apprécie vraiment ton style d'écriture et puis cette petite touche mi cynique mi humour.
De plus, cette histoire de trajet en train rappellera à tout le monde de mauvais souvenirs (enfin le tien était particulièrement corsé :-)).
Continue et bon courage !
Ecrit par : Cerf Vidée | 15.11.2006
> Cerf Vidée : tiens, tiens, j'ai fait un petit tour chez toi il y a quelques jour et j'avais aussi bien beaucoup aimé ton blog [si si c'est comme ça qu'on dit]. En tout cas merci et reviens quand tu veux
Ecrit par : Mayah | 15.11.2006
La vie et son train-train quotidien racontée avec pas mal d'entrain.
Trinquons donc à la santé de tous les arrière-train du monde affreusement calés sur les banquettes de vieux ou nouveaux trains.
Ecrit par : Marcel | 18.11.2006
et merde!,ch'suis fan moi!! :-/
Ecrit par : posekfe | 19.11.2006
> Marcel : tu voulais sans doute dire trains cons et non pas trinquons !
> Posekfe : Ravie de te l'entendre dire !
Ecrit par : Mayah | 19.11.2006
Et si t'étais partie te réfugier dans un autre wagon, c'est comment que tu t'es aperçu qu'il était revenu une demi-heure plus tard ? HEIN ?
Et puis si ton bras te gêne, mangE-le, ne te gênE pas !
Ecrit par : La Lésion d'Honneur | 19.11.2006
> La lésion : remettrais tu en cause la véridicité [si si c'est comme ça qu'on dit] de mon histoire ??? Je l'ai vu passer devant mon compartiment dans lequel je m'étais réfugiée entre mon précédent wagon et le wagon restaurant [euh c'est clair là?]
Ecrit par : Mayah | 19.11.2006
genial , j'adore ton style , tu m'a bien fait rire ,)))
Ecrit par : dref | 13.06.2007


